Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 23:33
Un jour une princesse punk, avec juste ce qu'il faut d'audace et de connerie, observait ses pairs depuis le haut de son donjon. Là se tenait une toute petite fenêtre de laquelle s'agitaient en contre bas des poupées de cire et d'autres de chiffons, de celles qui savent rarement dire non. Toutes avaient les jambes droites, la cuisse un peu légère, le visage mièvre et parfaitement symétrique. Ces princesses consensuelles du bas pouvaient être facilement et proprement rangées en différentes catégories, se disait la princesse punk en son for intérieur. Tout d'abord sur la gauche, bien tout devant, étaient sagement posées, de jolies vraies princesses, vraies puisque élues et arborant de jolies couronnes. Celles-ci étaient de vraies princesses et reconnues comme telles contrairement à la princesse punk qui s'était autoproclamée princesse de son seul royaume.Cambrées, les bras étendues, leurs conversations s'élançaient comme d'heureuses mélopées caressant les filolis de l'air. Toutefois le sens de ces paroles échappait à l'entendement rationnel. Non princesse punk ne comprenait pas ces mots qui lui étaient insignifiants. En regardant de plus près, elle aperçu un second cercle concentrique autour de ces vraies princesses consensuelles puisque reconnues comme telles, avec d'étranges hommes eux aussi vêtus de couronnes. Princes? Sans doute. Tous courbant l'échine pathétiquement. bavant littéralement sous les pas des donzelles. Assoiffés de mots insignifiants. Baissant leurs yeux de chiens sous le dédain des vraies princesses puisque reconnues comme telles. Encore et encore, en quête d'attentions, ceux-ci s'évertuaient à capturer le coeur de ces dames. Mais pourquoi se demandait la princesse punk autoproclamée princesse dans son seul royaume? C'est quoi se bordel? Ils foutent quoi tous là, à califourchon sur leur orgueil ces caricatures de princes avec leurs couronnes branlantes? Ah ouais, ça y'est se disait la princesse punk autoproclamée dans son royaume. Ce sont les princesses et les princes charmant(e)s charmant(e)s, avec l'histoire de la Cadillac blanche. Elles, ce sont celles qu'on veut épouser de suite, à qui on offrirait des perles de nuit venus d'un pays d'où il ne pleut pas et bla et bla. La princesse punk autoproclamée dans son seul royaume leva les yeux et remarqua un écriteau : "Aimable et baisable". O.K. Tout compris. Tout simplement aimables, baisables et plus si affinités, en particulier enfants et Bar - Mitsvah. 

Au loin sur la droite un autre groupe de nanas, pas princesses celles-c,i ni même autoproclamées. Prostrées de tristesse, nanas d'un autre genre qui n'attiraient pas l'oeil. Au-dessus de ce groupe avachi, qui pourtant retenait l'attention de la princesse punk autoproclamée dans son seul royaume, était posé un écriteau sur lequel on pouvait lire "Désolé, aimable mais pas baisable". Plus digne d'intérêt que les vraies princesses reconnues comme telles se disait alors la princesse punk autoproclamée dans son seul royaume. Aimable mais pas baisable? C'était quoi cette connerie venu d'un autre genre? Ah ouais, sans doute la nana avec qui on aime papoter, siroter du picon bière en tailleur, faire une pétanque les soirs d'automne où le temps est particulièrement clément. Ouais, sans doute c'était ça la nana aimable, celle qu'on aime de façon inconditionnelle mais qu'on peut pas baiser parce qu'elle a des écailles sous ses fringues, ou parce qu'on la connaît trop par coeur comme son meilleur pote. Ouais, ça devait être ça. La princesse punk autoproclamée dans son seul royaume en avait déjà entendu parler dans ses bouquins poussiéreux. En gros la nana aimable mais pas baisable ça doit être sans doute celle que le prince charmant mais pas trop appelle à 4h du mat' parce qu'il est grave en galère (panade totale, même maman répond pas!!), à laquelle il dit parfois "je t'aimerai toujours" juste avant de rajouter "comme une soeur". Des fois, un soir de déprime, où le prince pas trop charmant est un peu bourré, il passe outre ses grands principes et bourre la nana aimable mais pas baisable. Et là, c'est le drame, le carnage relationnel. Le prince charmant peut pas assumer d'avoir couché avec son meilleur pote, même si ça l'a pas empêché pour autant quelques heures plus tôt d'avoir des rictus orgasmiques quelques heures plus tôt. Et là c'est disparition totale du prince pas trop charmant, qui juste avant de débarrasser le plancher de la nana aimable mais pas baisable prononce fatalement ces mots "j't'appelle ?"...

La princesse punk autoproclamée dans son royaume se racontait ses histoires et se félicitait d'avoir suffisamment de cynisme pour parvenir à rire de l'analyse de ses observations. En récapitulatif, gisaient en contre bas deux groupes distincts. Grossièrement, les aimables et baisables, heureuses chanceuses (youpi!), et les aimables pas baisables (chanceuses d'un autre genre). 

Et là au fond, un groupe venu d'une autre catégorie (encore une merde ça s'arrête jamais) (mais si, mais si t'inquiètes pas bientôt!!!). Des poupées de cire chiffonnées, celles-ci si belles dans la lumière du jour, si triste dans la pénombre naissante. Désarticulées les jolies poupées, des fossettes à la commissure des lèvres. Elles sont de celles qui suscitent l'envie de se noyer dans leur regard et de le remplir pour combler tout ce vide à l'intérieur. Il y fait froid dans ces poupées, avait lu dans ses livres poussiéreux la princesse punk autoproclamée dans son seul royaume. Et même si elle donnent envie de fuir avec elles, c'est pour rapidement donner l'envie de fuir d'elles. Là encore au-dessus d'elles était posé un panneau, qui n'avait même pas était fixé : "baisable mais pas aimable". Quelle étrange catégorie. Le genre de poupées qu'on ne rappelle pas ou plus ou pour dire quoi. Le genre de poupées à laquelle le rince pas trop charmant dit en jouissant par elles, évites de t'attacher ou encore cette non moins talentueuse formule "faut pas que tu es de sentiments". C'est bien connu, quand les humains font l'amour, c'est qu'ils n'éprouvent pas de sentiments, c'est par réflexe ou condescendance. La concupiscence est abrupte, vide, inhumaine sans doute. Quels pisses froids ces princes pas très charmants? Des handicapés du sentiments, qui bafouent les cuisses des poupées baisables en mêmes temps que les histoires qu'elles échafaudent dans leur tête. Elles se disent haletante qu'en criant un peu plus fort, et finiront par happer ces putains princes pas très charmants par leur égo démesuré. Peine perdue. 
Donc la princesse punk autoproclamée dans son royaume comptait dans sa tête, un, "aimable et baisable", deux,"aimable mais pas baisable", trois, " 'baisable mais pas aimable". Un, "princesse charmante charmante vrai puisque reconnue comme telle, deux, nanas, trois, poupées de cire chiffonnées.

Princesse punk autoproclamée dans son seul royaume en proie au doute, ni aimable, ni baisable, ni catégories, ni les deux.

Elle, elle veut juste être aimée, pas possédée, pas détruite, pas broyée, pas chiffonnée, pas balladée en Cadillac blanche.

Alors voilà, des filles baisables, aimables, des princesses par milliers et autres nanas, et autres poupées, et autres conneries dans le genre, ça traverse, ça transpirent dans les coins de partout.
Mais des filles aimées?
Combien?
Par Léonie Renan
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 12:53

Légère tendance à tout saborder, mais ça c'est pas grave, ça se répare, jusqu'à la jambe de bois, tout se répare.
Légère tendance à lever les sourcils, surtout le gauche, c'est pas grave, même l'absence de symétrie, c'est pas grave.
J'ai baissé ma garde, prête à recevoir un coup, c'est pas grave. Des traces, je peux cicatriser. Un baume. Du temps. Mais là, effronté, tu as détourné ton regard et tes mots, pour au loin t'en aller. J'avais plus de bouclier, et plus d'adversaire. Circonspecte, j'ai attendu. C'est dingue d'attendre sans bouger, en respirant à peine comme ça. C'est dingue de continuer à attendre quand tout s'est arrêté. C'est dingue de coller ses pieds au sol pour pas tomber. C'est dingue d'avoir froid et de pas essayer de se réchauffer. D'économiser ses forces. Le temps s'arrête. Non, ça n'existe pas. Une fraction de seconde. Un papillon passe. Une fleur fâne. Toujours pas d'adversaire. Pas revenu. Et moi, comme une réformée P 4 pour inaptitude au combat. Un si grand bouclier, pour ne même pas combattre.
Et là, même un sabre dans le dos je ne le sentirai pas. Inerte, inapte, plus d'alerte. Mes synapses s'endorment. Mes paupières assiègent mes yeux et carressent mon iris. PLus de tendresse. PLus d'adversaire. Noyons nous dans nos chants délétères. Titubants. J'empoigne le bouclier et m'élance à nouveau. Seule au milieu des fous, bouffonne éplorée dans une danse vagabonde. Encore mieux me faut-il apprendre l'art de la guerre pour sans bouclier me défendre?

Par Léonie Renan
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 16:07

Pas de satines sans satyres, pour que sans aucun pli il ne s’étire, le vieil homme aux dents qui transpirent, entendant un loup, dans la lisière d’une forêt.

Dans l’ombre la forme d’une bouche, puis le bout d’une langue laiteuse et exigüe.

Un soupir se noie dans l’hémisphère. Une ondée saline parcourt les joues creusées par le vent du vieil homme titubant.

Image parabolique descendue d’un imaginaire aux pourtours absolument vides.

Vieil homme recroquevillé se décide à avancer lentement, pas à pas, au privilège du vent chaud. Langue laiteuse, exquise esquisse, cajoleuse et millimétrée, flotte dans la buée de ces traces.

Un festin se prépare.

Râpeuse langue désordonnée, ondule sa doucereuse carcasse vicieuse sur le sentier, dans les filololis de l’air.

« Il me fait penser à un chat errant qui pourrait se transformer en tigre ».


Par Léonie Renan
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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 22:33
  Après avoir longuement hésité, ce soir je me dis pourquoi pas après tout... Puis ça veut dire quoi être "artiste", est-ce que ce mot désigne une classe élitiste qui par une pointue maîtrise de codes esthétiques ou de techniques particulières peut s'attribuer un statut particulier? Non je n'ai pas envie de croire ça, et je préfère me dire qu'artistes nous le sommes tous, et que des actes créatifs, nous en accomplissons tous les jours, dans notre seule façon d'exister. C'est notre singularité qui fait de nous un artiste. Ce blog, je ne sais pas trop encore ce que ça va être, ce qui va y paraître, ou ce à quoi ça va ressembler, ni même ce qui va y être publié...  Des textes principalement, mais aussi des photos, des images, des contes, des travaux d'écritures inachevés, des chansons.... Rien ne sera bien fini, mais après tout, l'essentiel n'est pas tant dans le faire, mais plutôt dans l'être... 
Bref.... 
Léonie Renan... 
Par Léonie Renan
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