Au loin sur la droite un autre groupe de nanas, pas princesses celles-c,i ni même autoproclamées. Prostrées de tristesse, nanas d'un autre genre qui n'attiraient pas l'oeil. Au-dessus de ce groupe avachi, qui pourtant retenait l'attention de la princesse punk autoproclamée dans son seul royaume, était posé un écriteau sur lequel on pouvait lire "Désolé, aimable mais pas baisable". Plus digne d'intérêt que les vraies princesses reconnues comme telles se disait alors la princesse punk autoproclamée dans son seul royaume. Aimable mais pas baisable? C'était quoi cette connerie venu d'un autre genre? Ah ouais, sans doute la nana avec qui on aime papoter, siroter du picon bière en tailleur, faire une pétanque les soirs d'automne où le temps est particulièrement clément. Ouais, sans doute c'était ça la nana aimable, celle qu'on aime de façon inconditionnelle mais qu'on peut pas baiser parce qu'elle a des écailles sous ses fringues, ou parce qu'on la connaît trop par coeur comme son meilleur pote. Ouais, ça devait être ça. La princesse punk autoproclamée dans son seul royaume en avait déjà entendu parler dans ses bouquins poussiéreux. En gros la nana aimable mais pas baisable ça doit être sans doute celle que le prince charmant mais pas trop appelle à 4h du mat' parce qu'il est grave en galère (panade totale, même maman répond pas!!), à laquelle il dit parfois "je t'aimerai toujours" juste avant de rajouter "comme une soeur". Des fois, un soir de déprime, où le prince pas trop charmant est un peu bourré, il passe outre ses grands principes et bourre la nana aimable mais pas baisable. Et là, c'est le drame, le carnage relationnel. Le prince charmant peut pas assumer d'avoir couché avec son meilleur pote, même si ça l'a pas empêché pour autant quelques heures plus tôt d'avoir des rictus orgasmiques quelques heures plus tôt. Et là c'est disparition totale du prince pas trop charmant, qui juste avant de débarrasser le plancher de la nana aimable mais pas baisable prononce fatalement ces mots "j't'appelle ?"...
La princesse punk autoproclamée dans son royaume se racontait ses histoires et se félicitait d'avoir suffisamment de cynisme pour parvenir à rire de l'analyse de ses observations. En récapitulatif, gisaient en contre bas deux groupes distincts. Grossièrement, les aimables et baisables, heureuses chanceuses (youpi!), et les aimables pas baisables (chanceuses d'un autre genre).
Et là au fond, un groupe venu d'une autre catégorie (encore une merde ça s'arrête jamais) (mais si, mais si t'inquiètes pas bientôt!!!). Des poupées de cire chiffonnées, celles-ci si belles dans la lumière du jour, si triste dans la pénombre naissante. Désarticulées les jolies poupées, des fossettes à la commissure des lèvres. Elles sont de celles qui suscitent l'envie de se noyer dans leur regard et de le remplir pour combler tout ce vide à l'intérieur. Il y fait froid dans ces poupées, avait lu dans ses livres poussiéreux la princesse punk autoproclamée dans son seul royaume. Et même si elle donnent envie de fuir avec elles, c'est pour rapidement donner l'envie de fuir d'elles. Là encore au-dessus d'elles était posé un panneau, qui n'avait même pas était fixé : "baisable mais pas aimable". Quelle étrange catégorie. Le genre de poupées qu'on ne rappelle pas ou plus ou pour dire quoi. Le genre de poupées à laquelle le rince pas trop charmant dit en jouissant par elles, évites de t'attacher ou encore cette non moins talentueuse formule "faut pas que tu es de sentiments". C'est bien connu, quand les humains font l'amour, c'est qu'ils n'éprouvent pas de sentiments, c'est par réflexe ou condescendance. La concupiscence est abrupte, vide, inhumaine sans doute. Quels pisses froids ces princes pas très charmants? Des handicapés du sentiments, qui bafouent les cuisses des poupées baisables en mêmes temps que les histoires qu'elles échafaudent dans leur tête. Elles se disent haletante qu'en criant un peu plus fort, et finiront par happer ces putains princes pas très charmants par leur égo démesuré. Peine perdue.
Donc la princesse punk autoproclamée dans son royaume comptait dans sa tête, un, "aimable et baisable", deux,"aimable mais pas baisable", trois, " 'baisable mais pas aimable". Un, "princesse charmante charmante vrai puisque reconnue comme telle, deux, nanas, trois, poupées de cire chiffonnées.
Princesse punk autoproclamée dans son seul royaume en proie au doute, ni aimable, ni baisable, ni catégories, ni les deux.
Elle, elle veut juste être aimée, pas possédée, pas détruite, pas broyée, pas chiffonnée, pas balladée en Cadillac blanche.
Alors voilà, des filles baisables, aimables, des princesses par milliers et autres nanas, et autres poupées, et autres conneries dans le genre, ça traverse, ça transpirent dans les coins de partout.
Mais des filles aimées?
Combien?