Egophagie...

Publié le par Léonie Renan

Légère tendance à tout saborder, mais ça c'est pas grave, ça se répare, jusqu'à la jambe de bois, tout se répare.
Légère tendance à lever les sourcils, surtout le gauche, c'est pas grave, même l'absence de symétrie, c'est pas grave.
J'ai baissé ma garde, prête à recevoir un coup, c'est pas grave. Des traces, je peux cicatriser. Un baume. Du temps. Mais là, effronté, tu as détourné ton regard et tes mots, pour au loin t'en aller. J'avais plus de bouclier, et plus d'adversaire. Circonspecte, j'ai attendu. C'est dingue d'attendre sans bouger, en respirant à peine comme ça. C'est dingue de continuer à attendre quand tout s'est arrêté. C'est dingue de coller ses pieds au sol pour pas tomber. C'est dingue d'avoir froid et de pas essayer de se réchauffer. D'économiser ses forces. Le temps s'arrête. Non, ça n'existe pas. Une fraction de seconde. Un papillon passe. Une fleur fâne. Toujours pas d'adversaire. Pas revenu. Et moi, comme une réformée P 4 pour inaptitude au combat. Un si grand bouclier, pour ne même pas combattre.
Et là, même un sabre dans le dos je ne le sentirai pas. Inerte, inapte, plus d'alerte. Mes synapses s'endorment. Mes paupières assiègent mes yeux et carressent mon iris. PLus de tendresse. PLus d'adversaire. Noyons nous dans nos chants délétères. Titubants. J'empoigne le bouclier et m'élance à nouveau. Seule au milieu des fous, bouffonne éplorée dans une danse vagabonde. Encore mieux me faut-il apprendre l'art de la guerre pour sans bouclier me défendre?

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